Alors que le prodige de UConn est encore considéré comme le visage propre de Milwaukee, son trade surprise à Seattle en 2003 s'apprête à basculer sa carrière dans une nouvelle dimension.
Jeune homme bien élevé à l’image policée, Ray Allen est aussi un redoutable athlète, doublé d’un technicien impeccable.
Un langage tout en arrondis, pas de tatouage en vue, un shoot d’académicien, une gueule d’ange, Ray Allen serait-il le Monsieur Propre de la NBA ? L’olympien distingué, qui fut l’un des rares américains à séduire ses adversaires lors des Jeux Olympiques de Sydney, est un peu de cela. Mais venez le chercher à trois-points, en attendant la sortie d’écran, et vous le verrez filer au cercle pour écraser un dunk à deux mains qui fera frémir la salle. Poussez le à bout, comme les Sixers lors de la finale de Conférence en 2001, et il vous fera découvrir la dureté de ses coudes et le tranchant de ses avant-bras.
“J’ai été critiqué je ne sais combien de fois parce que je n’étais pas un salaud. Les gens semblent considérer que le fait d’être sympa veut forcément dire qu’il n’y a pas d’agressivité dans mon jeu. Que je sache, j’ai aidé mon équipe à gagner et j’ai été plusieurs fois All-Star. Je ne crois pas que les autres joueurs pensent que je suis un tendre. J’aime aller au panier et cela ne me dérange pas de prendre un coup, ou d’en donner un, si c’est mérité. Pour une action à trois-points, je suis prêt à y aller à chaque fois”.
Un soupçon de méchanceté qui peut aussi se ressentir en défense. Évoluant dans une équipe où l’attaque a toujours primé sur d’autres activités moins valorisantes, il a pourtant eu souvent tendance à ne pas aller au bout de ses immenses possibilités.
“Si Ray voulait bien se donner la peine, il pourrait être un des meilleurs défenseurs de la ligue”, regrettait son entraîneur à Milwaukee, George Karl. Les playoffs 2001 lui ont permis de redresser la barre, à l’instar de toute l’équipe des Bucks. Une saison qui en appelait d’autres, mais qui reste à ce jour comme un point culminant.
Amoindri physiquement, car souffrant d’une tendinite au genou il y a deux ans et d’entorses aux chevilles la saison passée, ce fils de militaire attend, depuis, que son corps réponde à nouveau présent. Son transfert à Seattle fin février a été un véritable coup de tonnerre, Karl lui-même qualifiant Allen “d’intouchable” quelques heures plus tôt. S’agit-il d’un nouveau départ ?
J'ai été critiqué je ne sais combien de fois parce que je n'étais pas un salaud.
Avec du Recul
S'il était vu ici comme un pur scoreur au plafond incertain à cause de ses pépins physiques, Ray Allen est devenu bien plus que ça : une légende vivante, double champion NBA avec Boston et Miami, et surtout le recordman historique du plus grand nombre de paniers à 3-points inscrits en carrière.
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